Interview exclusive de Maxime Acciai, Président du SIBH et Maire de Brasseuse

Le Syndicat intercommunal du Bassin d’Halatte (SIBH) gère la production et la distribution de l’eau potable sur le territoire communal depuis près de 10 ans. Pour mieux comprendre son fonctionnement et les problèmes concernant la qualité de l’eau distribuée sur Fleurines, nous avons rencontré son président Maxime Acciai.

120maximeacciaiMaxime Acciai, bonjour. Vous êtes le nouveau Président du SIBH, élu depuis juillet dernier. Pouvez-vous nous dire ce qu’est ce syndicat et quel est son objet ?
Le SIBH, Syndicat du Bassin d’Halatte, a été créé pour répondre à des problématiques d’eau non potable sur plusieurs communes adjacentes, principalement du fait de la présence de produits phytopharmaceutiques dans l’eau captée. A Fleurines, c’était la présence d’atrazine dans l’eau distribuée qui posait problème. C’est ainsi qu’après quelques débats menés en 2003 sous couvert d’une coordination des services de l’Etat, la création du SIBH fut actée en 2004. Sa mission était de mettre en œuvre une solution pérenne pour trouver et distribuer de l’eau potable à tous les habitants des communes qui souffraient d’écarts par rapport aux normes en vigueur.

Quelles sont les communes couvertes par le SIBH ?
Les communes adhérentes au SIBH sont Fleurines, Villers-Saint- Frambourg, Ognon, Brasseuse, Raray et Villeneuve-sur-Verberie. Elles représentent plus de 3500 habitants.

Aujourd’hui, d’où vient l’eau distribuée à nos robinets ?
Lors des premières études, les investigations furent menées sur les communes de Rully, Barbery, Pontpoint et Fleurines pour accéder à un réservoir aquifère qui permette d’offrir à la population, une eau de qualité (au sens des normes en vigueur) et en quantité suffisante. Après étude hydrogéologique et forages d’essai, le site de Fleurines fut retenu compte tenu des caractéristiques physicochimiques et hydrauliques disponibles.

Le forage, situé sur la route de Villers-Saint-Frambourg au croisement de la chaussée Pontpoint fut validé sur la base d’un forage d’essai de 50 m3/h qui permettrait de desservir un bassin de population de près de 5000 habitants. Il fut mis en service en 2012.

Mais aujourd’hui, qui est responsable de l’eau distribuée ? La mairie ? Le SIBH ? Veolia ?
C’est très simple, la mairie de Fleurines a confié la gestion de l’eau au SIBH comme toutes les communes du syndicat qui souffraient d’une eau non potable. Celui-ci a recherché une nouvelle ressource, construit et financé les nouveaux captages avant de lancer une DSP (Délégation de Service Public) attribuée à Véolia (contrat établi après appel d’offres) qui assure désormais la gestion de la fourniture et de l’approvisionnement de l’eau sur le territoire du SIBH et pour le compte de ce dernier.

Le dernier contrat, actif à ce jour court jusqu’en 2026.

Vous savez bien que le sujet de l’eau fait débat à Fleurines puisque sa qualité pose problème, même si du point de vue des analyses physico-chimiques réglementaires, celle-ci reste conforme. Pouvez-vous nous dire quel est le problème et quelles solutions vous proposez.
Nous avons vu apparaitre en 2017 des bactéries ferrugineuses au niveau des forages dans les deux puits de captage. Celles-ci posent plusieurs problèmes : elles forment une gangue autour des pompes qui en altèrent les débits de pompage et engendrent une usure prématurée de ces dernières. De plus, elles libèrent du fer dans l’eau entrainant une augmentation du taux dans l’eau distribuée et par déclinaison, des décantats dans le réseau de distribution.

Pour répondre à cette situation, nous avons diligenté des études qui nous ont proposé de réaliser un forage complémentaire à proximité de ceux existants. Les démarches sont en cours pour acquérir les terrains nécessaires auprès des propriétaires exploitants des parcelles concernées. En complément de ce renforcement des capacités hydrauliques d’approvisionnement, nous avons décidé de mettre en place une unité de déferrisation et décarbonation qui garantira une eau en sortie de captage sans fer et sans calcaire. Celle-ci offrira pour tous les abonnés une vraie plus-value, notamment en termes de durée de vie des équipements électro ménagers (ballons d’eau chaude, chaudières, lave-linge, …) du fait du traitement du calcaire. Mais tout ceci ne peut se faire dans l’immédiat. Dans l’attente, il reste du fer dans l’eau, mais aussi et surtout dans les canalisations du réseau de distribution.

Justement, que comptez-vous faire pour cela ?
Avec la nouvelle gouvernance du SIBH, nous avons pris « le taureau par les cornes » en commençant par étudier la mise en place d’une solution provisoire et temporaire de traitement du fer en sortie de captage pour garantir à tous nos abonnés une eau sans fer. Cette solution s’est avérée à la fois trop onéreuse, mais également trop limitée dans son action puisqu’elle ne garantissait sa pertinence qu’en sortie de captage (une fois l’eau traitée) mais ne savait juguler les effets qui découlent de la présence de fer décanté dans le réseau de distribution.

Dans ces conditions, nous avons décidé de lancer une vaste campagne de sondage auprès des abonnés de toutes les communes du SIBH.

De très nombreux Fleurinois ont répondu à cette campagne, largement relayée par nos médias et supports communaux. Qu’en est-il aujourd’hui ?
Eh! bien, justement, je tiens à saluer la mobilisation des Fleurinois comme celle de tous les habitants des communes du syndicat qui se sont prêtés au jeu et ont répondu à ce questionnaire pour nous aider à localiser les zones du territoire au sein desquelles les administrés souffraient de phénomène d’eau colorée de façon récurrente. Cette démarche conduite sur l’intégralité du territoire du SIBH fut un réel succès et je m’en félicite.

Il en ressort que la qualité de l’eau ne résulte pas uniquement du forage mais aussi de l’état général du réseau. Forts des éléments recueillis, nous avons diligenté une vaste campagne de purge des réseaux afin de décrocher au maximum les dépôts ferreux et les particules. Elles ont débuté le mois dernier et se poursuivront dans les prochains mois. Elles seront associées à des travaux de rénovation de réseaux que nous anticiperons pour l’occasion.

Je souhaite vivement que ces actions permettent de traiter définitivement ces écarts de qualité qui perturbent ponctuellement le quotidien.

Merci Maxime pour votre opiniâtreté dans ces démarches et au plaisir de vous retrouver à Fleurines puisque nous savons que vous y avez vos habitudes.

 

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