Rencontre avec M. Norlander, doyen des Fleurinois

A l’aube de cette année 2021, nous avons voulu rendre hommage au doyen de notre village, M. Norlander, 95 ans, qui a eu la gentillesse de nous recevoir chez lui, en compagnie de son épouse Ilselil et de sa fille Marie-Lou, épouse de Philippe Charrier, maire de Chamant.

Bonjour M. Norlander, comment vous portez-vous ?
Je vais bien. A part mes problèmes d’audition et de vue et un genou qui me fait un peu souffrir, je me sens bien, ma tête fonctionne et je fais travailler mes neurones !...

D’où vient votre nom M. Norlander ?
Mon prénom est Goren et Norlander est mon nom de famille, il me vient de mon père qui était suédois. Ma mère était française et s’appelait Elisabeth, Gilberte, Alberte Moreau, c’était une Parisienne. Je suis né à Stockolm le 1er septembre 1925.

En quelle année êtes-vous venu en France ?
Je suis arrivé en France en 1974. Je connaissais la France car ma grand-mère était parisienne. J’ai d’abord vécu 14 ans à Senlis avant de m’installer à Fleurines où j’ai acheté cette maison, rue de Verneuil, en 1987. Le village m’a beaucoup plu et la maison avec sa façade en bois me rappelait la Suède. L’autoroute est à proximité et c’était pratique pour moi qui travaillais alors à Goussainville. Depuis 33 ans je vis ici et je m’y plais.

Avez-vous des enfants et des petits enfants ?
J’ai 4 enfants (2 de mon premier mariage et 2 avec ma seconde épouse Ilselil), 9 petits enfants et 2 arrière petits enfants. Seule ma fille Marie-Lou habite près de nous à Chamant. Deux de mes garçons sont en Suède et un autre habite Annecy. Et mes petits enfants sont répartis dans le monde entier en raison de leur travail. Je ne les vois pas très souvent mais pour mes 90 ans, ils sont tous venus à Fleurines. Nous étions 50 personnes à cette occasion.

Retournez-vous souvent en Suède ?
Nous y retournions une à deux fois par an mais depuis presque 10 ans, nous n’y allons plus. J’y ai encore deux enfants et des petits enfants. Notre famille est propriétaire là-bas d’une petite île où nous possédons une maison suédoise très simple avec un confort rudimentaire (Pas d’électricité mais le téléphone !) où nous aimions bien séjourner pendant les vacances.

Parlez-nous de votre épouse Ilselil
Ilselil est Danoise, elle a été actrice de cinéma en Suède, Norvège et Danemark pendant 10 ans. Nous nous sommes connus en Suède. Elle a tourné 25 films et a obtenu un Oscar en France en 1951 en tant qu’actrice étrangère pour le film « Ca nous concerne tous ». Elle chantait également, enregistrait des disques et faisait du théâtre.

Quelle belle carrière! Et vous monsieur, quelle était votre profession ?
J’étais ingénieur dans le traitement de l’air, la ventilation industrielle. La société suédoise dans laquelle je travaillais avait une filiale à Goussainville où j’ai été embauché comme directeur technique.

Aviez-vous des passions ?
Mes passions de jeunesse ont été la voile et la course automobile. J’ai fait beaucoup de voile dans mes jeunes années, je faisais des courses, ma vie tournait autour de ça ! Dans les années 50, j’ai participé trois fois au rallye de Monte-Carlo et j’ai failli gagner celui de 1951. J’ai aussi beaucoup voyagé pour mon travail dans le monde entier.

Vous avez donc eu une vie très riche, comment occupez-vous vos journées, surtout aujourd’hui avec la crise sanitaire ?
Je regarde la télévision (Netflix ! offert par ma petite fille). Je lis les journaux, j’achète des livres sur internet, je me tiens au courant de l’actualité en France et en Suède et je fais un peu de cuisine. Je commande mes courses sur internet (drive), j’utilise mon I-phone et ma tablette (ce dont Marie-Lou est très fière !) Je vais sur facebook. Je prends des nouvelles de ma famille et je peux regarder les photos que l’on m’envoie.

Nous ne sortons plus depuis l’épidémie de covid 19. Nous n’avons pas quitté la maison depuis le mois de février et n’avons aucune visite du voisinage. Heureusement, nous avons une femme de ménage qui vient une fois par semaine. Karen, notre infirmière, passe tous les jours pour mon épouse et Marie-Lou qui nous soutient, nous apporte des petits plats qu’elle a cuisinés et le pain qu’elle fabrique elle-même.

Vous êtes vraiment resté connecté au monde et à l’époque ! Et votre épouse ?
C’est pareil ! Elle lit beaucoup de livres en Français, en Danois, en Suédois, en Anglais. Elle sait tout ce qui se passe dans le monde, elle lit le Figaro de bout en bout tous les jours mais elle est moins portée sur le numérique. Pour ma part, j’ai toujours utilisé les technologies de communication en raison de mon travail.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes pour réussir leur vie ?
En quelques mots, discipline, compétence, droiture, honnêteté.

Quel souhait voudriez-vous exaucer ?
J’espère fêter mes 100 ans avec toute la famille.

Eh bien, nous serons là pour les fêter avec vous !

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